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Mon héroïne : le rap féminin

Rassurez-vous, je ne me lance pas dans le rap… sinon j’imagine déjà la vague de suicides suite à l’écoute de mes sons. J’ai plutôt envie de vous parler de mon genre de musique préféré : le rap, et insister sur les FEMMES qui le portent. Je vais consacrer cet article au rap US, je reviendrai plus tard sur le rap FR.

Bad ass mode

Je qualifierai le hip-hop féminin de rafraîchissant . Et ouais, cela fait du bien de voir des femmes décomplexées…et assumant leur attitude « bad ass ».  Alors oui, veuillez m’excuser la bienséance, mais je me laisse porter par des punchlines sauvages qui me propulsent dans un état que j’appellerai de « XENA MOOD ».

L’addiction

Le rap féminin est mon héroïne, le genre de drogue qui t’envoie assez loin pour te faire prendre conscience de ton potentiel. Rien de tel qu’une bonne dose dans mes oreilles juste avant un entretien, pour me donner la patate.

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L’univers hip hop

À noter que le rap est l’un des 4 modes d’expression du mouvement culturel et artistique qui n’est autre que le hip hop. On retrouve donc le deejaying (dont le beatbox), la danse et le graffiti.

À vrai dire, dès le début, le hip hop était une histoire. Le succès des MC du genre reposait sur leur volonté de briser des formes anciennes et d’utiliser les éclats pour créer un nouveau mode d’expression. Les rappeurs, hommes et femmes, ont utilisé à la fois les jeux de mots, la répétition et des métaphores pour raconter des expériences sombres, violentes, romantiques ou pleines d’espoir, se présentant comme des héros, des témoins ou des spectateurs.

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Mais étant donné que l’industrie de la musique a toujours marginalisé la contribution des femmes, il est facile de voir le hip-hop comme un gang phallocratique. Les paroles de Braggadocious sur la violence, le sexe, la fanfaronnade (= se la péter; j’aime comme la tonalité de l’article sombre dans le prout-prout littéraire) , et la masculinité règnent dans un espace où les femmes, dans la plupart des cas, sont présentées comme des conquêtes, des personnages de second plan sans grand intérêt et leurs propres histoires sont en grande partie ignorées. 

Mais dans les débuts du genre, alors que les critiques tournaient toujours en dérision le hip-hop, les rappeuses commençaient à constituer une pièce formidable de la biologie du genre, détaillant sans vergogne leurs interprétations et leurs expériences du monde dans lequel elles vivaient. Elles avaient toutes des styles, des flows (style d’élocution ou débit) et des contenus lyriques distincts, mais chacune des femmes avait en commun une voix farouchement indépendante et le pouvoir de rester elle-même de manière constante et éclatante.

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🎶Feelin’ Myself🎶

Girl Power

Parmi elles, je pourrais vous citer MC Lyte, Queen Latifah, Monie Love, Salt-N-Pepa, Bahamadia, Foxy Brown, Lauryn Hill, mais on va la faire succinct.

Prenons trois figures du hip hop US féminin
et dont les noms vous parlent sans doute…

Lil Kim

En fait, la femme qui a lâché «Got buffoons eatin’ my pu**y while I watch cartoons» n’a pas besoin d’être présentée. Elle n’a pas sorti d’album studio majeur depuis 2003, mais Kim reste l’un des MC les plus doués des deux sexes. En retournant les mœurs sexuelles, Lil ‘Kim a déformé le paradigme selon lequel une femme MC devait obligatoirement arriver dans le rap game par le biais d’un homme. Drapée de vison et de diamants, de dentelle et de lingerie, Kim a embrassé l’esthétique sexuelle féminine qui a gardé de nombreuses femmes dans le rôle d’une « vixen » (comprenez une femme fatale au caractère de feu). Au lieu de changer pour rentrer dans le moule des rappeuses, où l’on voulait lui imposer un style plus masculin, Lil ‘Kim a doublé sa sexualité et l’a utilisée pour montrer sa crédibilité de manière apologétique dans un monde d’hommes.

Missy Elliot

Avec un vocabulaire sonore unique en son genre, il n’est pas exagéré de dire que Missy Elliot, née dans le sud des Etats-Unis, a changé la donne. Après des années de collaboration avec des personnalités telles que Jodeci, Ginuwine et Aaliyah, Missy s’est rendue au studio avec son ami d’enfance et collaborateur de longue date, Timbaland, pour travailler sur son premier album. Le résultat, qui n’a pris que deux semaines, a été Supa Dupa Fly, qui a donné le succès «The Rain». Da Real World , connaît le même succès et son troisième album, Miss E… So Addictive , donne au monde Get Ur Freak On, l’un des tubes les plus durables de la décennie. 

Le look de Missy – pantalons amples et couleurs vives – a ajouté une touche d’humour à un genre musical souvent extrêmement sérieux. Elle contrastait vivement avec bon nombre des nouvelles rappeuses commerciales qui étaient très habillées et hypersexualisées. À travers sa vision unique, Missy a créé une œuvre qui l’a confortée dans la légende de la musique moderne.

Nicki Minaj

Le meilleur pour la fin !

Nicki Minaj est le mix quasi parfait de ses prédécesseurs des années 90 qui nourrissent sa langue déjà tranchante, sa prestation attrayante, son goût pour le name-dropping, et son genre de dextérité verbale foudroyant des punchlines à gogo. Dans la logique des choses, Kanye West ne résiste pas à poser le flow monstrueux de Nicki sur un de ses sons, qui matche parfaitement avec l’intéressée…

Sa domination du vers est absolue et sa sensibilité esthétique est unique. Si son talent ne suffisait pas, sa perspicacité la rend également redoutable. En effet, Nicki n’est pas une marionnette. Elle est bien sûr la rappeuse, chanteuse, compositrice et entrepreneure au succès retentissant, qui maîtrise parfaitement le hip hop, le R & B et la pop funky

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Son premier album proprement dit (ses efforts en matière de mixtape l’ont précédé) est l’énorme vente Pink Friday, classé numéro un et qui nous a donné le fameux son Super Bass et a fait de Nicki la première artiste féminine à voir entrer ses sept singles simultanément sur le Billboard Hot 100.

Sa dernière oeuvre en date, l’album Queen est tout simplement le sacre retentissant d’une reine. L’album offre des indices sur presque toutes les époques et tous les parcours de sa carrière jusqu’à présent: Nicki la Ninja, la langue tranchante, la Nicki Lewinsky (prononcé LOO-IN-SKEE), et même Roman, un peu loufoque, se fait remarquer à la fin de Barbie Dreams . Les liens entre le passé et le présent, le style et la forme font de Queen comme son album le plus créatif et honnête qui soit. 

Les talents de rappeuse de Minaj l’ont vue mettre à terre un grand nombre de poids lourds masculins du rap game et elle est considérée comme aussi influente que quiconque dans la vulgarisation du genre. Le New York Times a d’ailleurs mis le doigt dessus avec ce constat  » Ce n’était que peu de temps avant qu’une star du hip-hop suive les frontières entre pop et rap et fasse appel à deux audiences lucratives à la fois. Et il était aussi inévitable que les puristes du hip-hop se mettent à crier. Il faut dire qu’il est particulièrement contrariant pour les rappeurs que le transgresseur le plus réussi, Nicki Minaj, une mégastar, soit une femme.  » 👑

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